lundi 2 novembre 2009

La Toussaint en Espagne

Je tente de vivre avec le fait que parfois, les gens ont des esprits à eux, des idées à eux. Ils sont séparés de moi dans un monde à eux.
Et des fois, ben, ils tombent amoureux, et puis ben.
Je sais pas comment dealer avec les gens, putain. Fuck.

(et les jours fériés en Espagne, les pélerins meurent de faim. fuck youuuuuuuuu)



vendredi 30 octobre 2009

Mansilla

bientôt, la grosse ville. l´absence de décorations cheaps d´Halloween me trouble.
moins de réflexions, peut-être parce que j´imagine plus - je poursuis ce projet uniquement par la pensée, je l´ai si bien exploré que je ne peux qu´aller dans des directions inconnues.
encore quelques jours avant les montagnes, et le point le plus haut du Chemin. jusqu´ici, il n´y a aucun problèmes sauf cette foutue grippe qui me coupe la voix et me donne un air zombiaque. awesome out of control.

demain, nous célébrons la fête de M, autre joyeux pélerin, et le vin coulera à flots. (le vin fait partie intégrante du pélerin. t`es pas un vrai si tu bois pas comme un trou.)

mardi 27 octobre 2009

Seizième (?) jour

la meseta est un grand plateau de rien pantoute couvert de terres brûlées, dorées par la lumière automnale de l´Espagne. abstraitement, c´est très beau. lignes pures à perte de vue, champs de blés coupés, terres fraîchement retournées pour l´hiver. un arbre, un buisson, de temps en temps. parfois, les gens passent et te disent bon voyage, et jamais on ne les revoit.
tu marches dans le néant, et tu te perds dans le décors et tu oublies que tu as mal et que le soleil te fout la claque et que t´as crissement envie de pisser, et tu oublies un peu pourquoi tu marches, et tu oublies que tu marches, dans le fond, c´est simple, et tu n´es que rien du tout au milieu de rien pantoute.

étape belle, étape chanceuse, je n´ai pas suivi le camino.



aujourd´hui j´ai eu l´expérience de la solitude vraie et de l´écoute du ciel,
et
je suis un peu bizarre. pardon.

vendredi 23 octobre 2009

Pause, entretemps...

L´incertitude. La douleur.
Je crois que cette blessure est une étape du Chemin, au même niveau que la Marche. Au même niveau que les rencontres humaines, si humaines.
Je laisse les gens partir, nous nous suivions depuis une semaine déjà, et déjà nous pleurons de peut-être nous voir pour la dernière fois. Certains restent, la ville est si belle, si grosse comparée aux petits hameaux tranquilles et sans histoires (ni guichets automatiques). Il faut prendre son temps, il faut se rendre compte que le Chemin continue, continue même quand les pieds n´en peuvent plus et que l´on doit s´asseoir un temps - le Chemin continue jusqu´à Santiago, jusqu´au Finisterre, jusqu´au pas de la porte chez soi, jusque dans les bras de ceux qu´on aime et qu´on a quitté pour les retrouver au bout du Chemin.

Je ne crois pas que mon Chemin soit fini. Y mettre fin, déjà, lorsqu´il est à peine commencé, lorsque je commence à comprendre, à voir...?

J´en suis incapable.


lundi 19 octobre 2009

Neuvième jour, 215 km

j´ai une heure d´internet, j´en ai passé vingt... et je ne sais pas quoi faire avec le reste.

sinon, Poulets dans Cathédrale. je peux rien dire d´autre.

dimanche 18 octobre 2009

Huitième jour

Le Chemin est solitaire et collectif.
Il faut réapprendre toutes sortes d´humanités,
laisser aller son orgueil.
Le Chemin reste immuable sous les pas fatigués, sous les ampoules, sous la pluie.
Le Chemin est là devant.

On a toute la journée pour le parcourir, et le parcourir est aisé.
C´est contre soi que l´on lutte, contre sa propre envie, son désir d´aller sans voir, de se dépasser sans se connaître, de foncer sans rencontrer.


Cet architecte canadien m´a dit hier à côté de mes crevettes: do what you have to do.
Je crois que ça s´applique à beaucoup d´aspects de ma vie.
Je crois qu´il est temps de savoir ce que je dois faire.

mardi 13 octobre 2009

Troisième jour

C`est si... naturel.

En même temps, c´est la lutte.

Dans ton corps, toujours. Chaque pas fait mal, chaque pas est une lutte.
Et dans la tête... ce n`est pas encore difficile. Mais il reste trente jours. En attendant, je marche.

Le Chemin ne se fait qu´une fois.



Auberge paradisiaque juste après Pampelune; combinaison douche et eau chaude, lits sans insectes, dame qui parle français, bar tapas et épicerie pas loin (temps de faire les courses, j´ai un peu faim). Et piscine à TORTUES. Voilà.
Havre de paix après les deux jours de pluie de merde, le brouillard glacé des Pyrénées et la fucking neige qui me suit, oh oui, elle est juste là.